Halstronar et l'Halstrom

Halstronar est la capitale du royaume du Paristan. Elle a été fondée par Aldébar, premier souverain de la dynastie paristanaise, un demi-siècle avant la signature du traité des cinq royaumes qui a ramené une paix relative sur la planète, et cinq siècles et demi avant la naissance d’Anna et Alaric, les héros du « Cycle d’Énora ».

Aldébar 1er est un des personnages du roman « Au temps des seigneurs-guerriers ». Dès sa jeunesse il a le projet de devenir roi, et de posséder un château « qui se dressera auprès de l’océan et sera construit en pierres noires ».

Devenu adulte et chef de guerre, il s’empare par la force d’une petite seigneurie et se fait construire le château dont il avait toujours rêvé : au fond d’une large crique abritée des tempêtes et autour d’un donjon de pierres noires dominant l’océan, sur une côte extrêmement rocheuse et découpée. Il appelle cette forteresse l’Halstrom, épouse la fille d’un de ses vassaux et fonde la dynastie des Rois auprès de l’océan.

Le château de l’Halstrom s’agrandit au fil du temps et pendant cinq siècles, les souverains paristanais impriment tour à tour leur marque à ce palais. Le donjon primitif se dresse sur un énorme promontoire rocheux qui lui sert d’assise. Ses pierres noires dominent l’ensemble, entourées des austères constructions des premiers Rois auprès de l’océan. Les générations suivantes de souverains agrandissent la forteresse, désormais constituée de plusieurs enceintes. Les constructions les plus récentes abandonnent la pierre noire pour des matériaux plus clairs et plus riants mais l'Halstrom restera toujours particulièrement austère et imposant.

Quand Maria devient reine du Paristan elle décide de faire construire une extension dans la partie occidentale du château. Il s’agit d’un bâtiment peu élevé, construit en pierres claires et se terminant par une terrasse avec une colonnade en bois blanc permettant de profiter de l’océan en toute saison. Une série de marches relient cette galerie à un jardin de plantes maritimes, suffisamment basses pour ne pas couper la vue. Ce jardin, où il fait bon se reposer parmi les multiples senteurs poivrées, épicées ou musquées des massifs fleuris, donne sur une agréable plage de sable fauve.

Au sud de l’Halstrom, une large échancrure dans la côte rocheuse et découpée forme un abri naturel pour les bateaux. Dans cette crique s’est développé un port autour duquel la ville d’Halstronar s’étend à l’abri du château, et vers le nord le relief s’élève doucement jusqu’à un plateau de landes battues par les vents où les paysans mettent à paitre leurs troupeaux d’argals. En face d’Halstronar se trouve une ile assez grande appelée l’ile Keller sur laquelle se trouve une maison basse inhabitée construite autrefois par des pêcheurs et ne servant plus qu’aux amoureux ou aux gamins qui vont y jouer.

Halstronar est une ville assez étendue et peuplée. La ville haute regroupent les quartiers les plus riches, et les abords du port les habitations pauvres. Mais sous le chaud soleil estival, les petites ruelles mal pavées sentant fort le poisson n’ont rien de sordide. Les femmes sourient, le cri des oiseaux marins tournoyant au-dessus de la ville résonne contre les murs de pierre, les hommes réparent leurs filets ou leurs casiers en s’interpelant joyeusement et les vergues des bateaux de pêche claquent dans la brise maritime.

La principale activité d’Halstronar est la pêche. À la fin de la belle saison, les pêcheurs d’Halstronar se dépêchent de boucaner les poissons qui seront leur seule nourriture lorsque le gros temps et la neige les empêcheront de sortir en mer, et l’odeur des feux de bois qui mouronnent dans les fumoirs emplit alors les rues du port et de la ville basse. Les espèces les moins charnues sont simplement enfilées sur les cordes et mises à sécher au soleil. Les enfants se chargent de chasser les quelques mouches qui rôdent autour en agitant des éventails de grandes feuilles, et on les entend chanter et rire dans la lumière dorée de la fin de l’été.

La cité d’Halstronar est dirigée par un prévost qui siège au conseil royal pour y représenter les intérêts des citoyens et ceux des guildes des métiers, organisés en corporation chacune avec un représentant. Le palais lui-même est une véritable petite cité dont le fonctionnement demande un personnel nombreux : un sénéchal dirige les domestiques, un surintendant s’occupe des approvisionnements, sauf en ce qui concerne les boissons qui sont du domaine de l’échanson, un grand écuyer est responsable des ocaperies (les écuries) et un gouverneur supervise le tout.

Les jardins de l’Halstrom se situent à l’intérieur de la forteresse et forment un demi-cercle au pied d’une ancienne muraille du château datant de l'époque où il était moins étendu. Ils occupent trois terrasses successives reliées par des escaliers, celle du bas se trouvant au niveau de la grande cour. On y trouve des allées gravillonnées, des parterres, des fontaines, des pelouses, des arbres et des arbustes, des bancs pour se reposer et même un carré de plantes médicinales soigneusement entretenues par maitre Volesvre, le vieil archiviste et herboriste du palais. Situés du côté oriental de l’Halstrom, les jardins recçoivent le soleil du matin et les cris des oiseaux marins y arrivent assourdis.

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